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GéopolitiqueDroite institutionnelle

L'Amérique et l'Iran se disputent le contrôle du détroit d'Ormuz

L'étau fonctionne : c'est précisément le pire moment pour le desserrer

Les deux camps ont fermé le détroit en pariant chacun sur l'épuisement de l'autre. Six mois plus tard, la rente pétrolière se tarit d'un côté et pas de l'autre, et la thèse du cessez-le-feu acheté n'a jamais été aussi fragile.

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Vue satellite du détroit d'Ormuz, l'étroit chenal entre la péninsule montagneuse de Musandam et la côte iranienne par lequel le golfe Persique s'ouvre sur le golfe d'Oman.
Photo : MODIS Land Rapid Response Team, NASA GSFC · US government work · source

Partons du fait stratégique plutôt que du titre du jour. « En resserrant l'étau sur le détroit d'Ormuz, écrit Yaroslav Trofimov, les États-Unis comme l'Iran comptaient épuiser l'adversaire, persuadés que le temps jouait en leur faveur. Il apparaît aujourd'hui que la tendance se retourne contre Téhéran. » Le mécanisme n'a rien de spectaculaire, et il produit ses effets : les escortes américaines font sortir le brut du Golfe pendant que les cargaisons iraniennes restent à quai, de sorte que le même chenal fermé qui coûte au monde une prime de risque coûte à l'Iran son unique recette convertible.

C'est la réponse à ceux qui concluent à l'échec de la pression au motif que Téhéran tire encore. Bien sûr qu'il tire encore. Un régime dont les dollars pétroliers s'assèchent et dont l'emprise sur le détroit se desserre a tout intérêt à faire le plus de bruit possible ; la salve de septembre — des missiles balistiques tirés sur un porte-avions et un destroyer, qui les ont l'un et l'autre esquivés — est le bruit d'un camp qui n'atteint plus ce qu'il vise. Cinq de ses pétroliers de la flotte fantôme ont été détruits le lendemain. Ce taux de change ne joue pas en faveur de l'Iran, et l'Iran le sait.

Un régime contraint d'annoncer un péage pour prouver qu'il tient encore un détroit a déjà dit lui-même qui est en train de gagner.

La tentation du moment est purement politique, et il faut la nommer. Le vote anticipé s'ouvre dans certains États dès octobre, l'essence est chère, et un président capable d'annoncer la fin de la guerre changerait la trajectoire des élections de mi-mandat. Dan McLaughlin le dit sans détour : c'est le seul gros lapin qui reste au fond du chapeau, mais « les réalités concrètes de la guerre contre l'Iran ont peu de chances de coopérer ». Un accord signé pour épouser un calendrier électoral sera lu par Téhéran exactement comme il a lu le mémorandum de juin, qu'il a rompu en trois semaines.

Rien de tout cela n'oblige à prétendre que la guerre s'est bien passée. L'éditorial du Spectator voit dans ce mémorandum la dernière d'une série d'humiliations et pronostique une déroute en novembre ; on peut, dans notre camp, tenir les deux propositions à la fois : que la guerre a été engagée sur un plan plus fragile que ses auteurs ne l'ont admis, et que le moment où les recettes adverses s'effondrent enfin est le plus mal choisi pour accorder un répit. L'erreur n'est pas la pression. L'erreur, ce sont les deux cessez-le-feu qui l'ont levée.