Mohsen Rezaï, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, a énoncé dimanche soir, à la télévision d'État, les termes du dispositif. Une zone réglementée s'étendra, selon sa formule, « de la ligne où commence le blocus naval américain jusqu'à la région du détroit d'Ormuz et, de l'autre côté, à l'intérieur du golfe Persique ». Tout navire qui y entre sans coordination avec l'Iran est inscrit sur une liste de sanctions : son assurance s'en trouve affectée et son passage cesse d'être garanti. C'est un régime douanier, notifié à l'avance, aux limites publiées — ce qu'on ne saurait dire du blocus auquel il répond.
Observons lequel des deux dispositifs on qualifie d'illégitime. Une marine venue de l'autre bout du monde décrète une ligne devant les ports d'un pays tiers et nomme cela liberté de navigation ; l'État côtier fixe les conditions d'accès à ses propres approches et on le traite de maître chanteur. Rezaï a écarté comme un « grand mensonge » l'affirmation américaine selon laquelle le détroit demeurerait ouvert, et il est bien placé pour le savoir : les bâtiments qui se faufilent par la rive omanaise, transpondeurs éteints, « prennent des coups pour la plupart », selon ses termes. L'Iran n'entend pas les couler pour l'instant, par égard pour l'environnement — une retenue que nul n'a consentie aux pétroliers iraniens.
Une limite publiée assortie de conditions publiées, c'est un régime. Une ligne tracée devant la côte d'autrui par une flotte qui repartira chez elle n'en est pas un.
La riposte aux frappes contre les pétroliers avait été annoncée avant d'être exécutée. Ali Abdollahi, à la tête de l'état-major central Khatam al-Anbiya, avait averti que toute attaque contre des pétroliers iraniens recevrait sa réponse sur les bases américaines de la région ; les Gardiens ont ensuite tiré sur la base d'Al Azraq, en Jordanie. Leur marine a enjoint aux équipages des pétroliers amarrés aux quais koweïtiens et bahreïnis de quitter leurs navires, au motif que ces États « accueillent ces terroristes et sont complices de leurs actes malveillants ». L'avertissement est venu d'abord. Nul n'a été invité à rester à bord.
Le front économique obéit à la même logique. Un état-major de guerre économique a été installé au sein du ministère des Finances pour débloquer le commerce en temps de guerre, et des accords d'interaction financière, de travail et d'emploi ont été signés cette semaine à Moscou. Ce que le blocage coûte au ménage iranien — au malade qui attend un médicament que nulle banque n'accepte de financer — reste, lui, à la charge d'un gouvernement qui promet de le lever depuis des années. Pendant ce temps, des responsables américains discuteraient d'une forte réduction de leur présence en Asie de l'Ouest, sous un président auquel ils reprochent de n'avoir formulé aucune stratégie claire pour l'après-guerre. La réponse du président Pezeshkian à la promesse d'une victoire américaine a été brève : l'Iran « poursuivra cette résistance avec force jusqu'au regret total des agresseurs ».
Mohsen Rezaï, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, a exposé le dispositif dimanche soir à la télévision d'État. Une zone réglementée s'étendra, selon sa formule, « de la ligne où commence le blocus naval américain jusqu'à la région du détroit d'Ormuz et, de l'autre côté, à l'intérieur du golfe Persique ». Tout navire qui y pénètre sans avoir pris l'attache des autorités maritimes iraniennes est inscrit sur une liste de sanctions : sa couverture d'assurance s'en trouve affectée, et son passage ultérieur n'est plus garanti. C'est un régime de police de la navigation, annoncé par avance, avec une limite publiée et une sanction publiée — ce qui est déjà plus que n'en offre le blocus auquel il répond.
On observera lequel des deux dispositifs est qualifié d'illégitime. Une flotte venue de l'autre bout du monde décrète une ligne à quelques milles des terminaux de chargement d'un pays tiers, immobilise les cargaisons de ce pays, et donne à cette opération le nom de liberté de navigation. L'État riverain fixe des conditions d'accès aux approches de ses propres ports, et on le traite de maître chanteur. L'asymétrie n'est pas un accident de vocabulaire : elle est la substance même de la prétention. Rezaï a rejeté comme un « gros mensonge » l'assertion américaine selon laquelle le détroit resterait ouvert, et il est placé pour le savoir. Les navires qui se faufilent par la rive omanaise, systèmes de navigation éteints, essuient pour la plupart des coups, dit-il. Il a ajouté que l'Iran n'entendait pas les couler dans l'immédiat, pour des motifs environnementaux — une retenue qui n'a été consentie, en sens inverse, à aucun pétrolier iranien.
Une limite publiée, des conditions publiées : cela porte un nom, c'est un régime. Une ligne tracée au large de la côte d'autrui par une flotte qui rentrera chez elle n'en est pas un.
La riposte aux frappes contre les pétroliers a été énoncée avant d'être exécutée, ce qui sépare la dissuasion des représailles. Ali Abdollahi, chef de l'état-major central Khatam al-Anbiya, avait prévenu que toute agression contre des pétroliers iraniens vaudrait aux bases américaines de la région d'être prises pour cible ; le Corps des gardiens de la révolution a ensuite tiré des missiles balistiques sur la base d'Al Azraq, en Jordanie. Sa marine a averti les équipages des pétroliers à quai au Koweït et à Bahreïn d'avoir à quitter immédiatement leur bord, au motif déclaré que ces États « hébergent ces terroristes et se rendent complices de leurs actes malveillants ». L'avertissement est venu avant les coups, et il s'adressait aux gens de mer plutôt qu'aux gouvernements. Personne ne s'est vu enjoindre de rester à bord et de courir sa chance.
L'objection saute aux yeux : un État qui tire sur la navigation marchande aurait perdu qualité pour se plaindre d'un blocus. Elle mérite une réponse, non un haussement d'épaules. La voici : la chronologie n'est pas contestée. Le blocus est venu le premier, au printemps, après des frappes qui ont tué le chef de l'État et des dizaines de responsables d'un pays qui n'avait attaqué personne. Ce qu'on appelle escalade iranienne, c'est un État côtier qui affirme sa juridiction sur ses propres approches au terme de six mois de saisies de ses cargaisons dans ces mêmes eaux. Une règle qui autorise une flotte à fermer une mer et interdit au pays dont c'est la mer d'y poser des conditions n'est pas une règle de navigation : c'est une revendication de propriété, formulée par qui dispose de la flotte la plus nombreuse. Encore faudrait-il, pour que l'argument porte jusqu'au bout, que Téhéran soumette son propre dispositif à l'exigence qu'il oppose aux autres. À ce jour, aucune coordonnée n'a été déposée auprès de l'Organisation maritime internationale, aucun avis aux navigateurs n'a été diffusé, et l'autorité maritime n'a publié ni les critères d'inscription sur la liste, ni la procédure permettant d'en sortir, ni la voie de recours ouverte à l'armateur qui s'en dit victime. Un régime qui ne s'écrit nulle part se réduit à la discrétion de celui qui l'applique — et c'est exactement le reproche que nous adressons au blocus.
Le front économique évolue dans le même sens, plus discrètement. Un état-major de guerre économique a été installé au sein du ministère des Affaires économiques et des Finances pour débloquer le commerce, les financements et l'activité en temps de guerre ; le ministre de l'Économie a conclu cette semaine à Moscou des accords portant sur l'interaction financière, le travail et l'emploi, et fait état d'itinéraires de substitution créés et activés pour les matières premières industrielles. Rien de tout cela ne relève de la fanfaronnade : c'est ce que fait un pays lorsqu'une superpuissance annonce, comme celle-ci l'a fait le mois dernier, une guerre économique et un isolement d'une ampleur inédite, puis découvre que l'isolement n'est que partiel. La facture, elle, ne se lit pas dans les communiqués, mais dans les primes d'assurance répercutées sur le fret puis sur le prix du riz, dans les surtaxes acquittées par les importateurs de matériel médical, dans les rayons dépareillés des pharmacies de Chiraz. Ce coût-là n'est pas un dommage collatéral du blocus : il en est le moyen.
En face, on fait ses comptes. Des responsables militaires et du renseignement américains discuteraient d'une réduction substantielle de leur présence en Asie de l'Ouest — une posture d'après-guerre élaborée pendant que la guerre continue, par des hommes qui décrivent leur propre président comme n'ayant formulé aucune stratégie claire pour la suite. Environ cinquante mille soldats sont déployés dans un réseau de bases frappé depuis six mois. Le président Pezeshkian a répondu brièvement à la promesse, publiée sur Truth Social, d'un pétrole qui baisserait le jour où l'Amérique aurait gagné. L'Iran, a-t-il dit, « poursuivra cette résistance avec force jusqu'au regret complet des agresseurs ».