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L'Amérique et l'Iran se disputent le contrôle du détroit d'Ormuz

Six mois d'étranglement ont produit un baril à cent dollars et aucune porte de sortie

La même promesse a désormais été formulée trois fois par trois secrétaires au Trésor, et la troisième n'a pas davantage fonctionné que les précédentes. Ce qui a changé, c'est le prix de l'essence, le nombre de blessés et le crédit des États-Unis dans le Golfe.

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Vue satellite du détroit d'Ormuz, l'étroit chenal entre la péninsule montagneuse de Musandam et la côte iranienne par lequel le golfe Persique s'ouvre sur le golfe d'Oman.
Photo : MODIS Land Rapid Response Team, NASA GSFC · US government work · source

Le 24 août, le secrétaire au Trésor annonçait « un assaut économique contre les ramifications financières de l'Iran à travers le monde », l'objectif étant de « couper chacun des cordons économiques qui maintiennent ce régime tyrannique en vie ». Comme le relève Esfandyar Batmanghelidj, c'est presque mot pour mot l'engagement pris en avril au titre de l'opération « Fureur économique », lequel reprenait lui-même celui de 2018 au titre de la « pression maximale ». Trois annonces, un seul résultat : la République islamique est plus pauvre et elle est toujours là — soit exactement l'état dans lequel les deux campagnes précédentes l'avaient laissée.

La même mécanique est à l'œuvre sur le versant militaire. Les frappes initiales de février ont tué un Guide suprême en fonction depuis trente-sept ans ainsi que des dizaines de hauts responsables ; le gouvernement ne s'est ni effondré ni arrêté, il a riposté en quelques jours et n'a pas cessé de riposter depuis. Cette semaine, les États-Unis ont détruit cinq pétroliers iraniens et sanctionné plus d'une vingtaine de compagnies aériennes et d'opérateurs de fret le même jour : deux instruments déployés ensemble, ce qui est précisément ce que l'on fait lorsqu'aucun des deux ne suffit isolément.

Répéter ce qui n'a pas fonctionné n'est pas une démonstration de supériorité dans l'escalade. C'est une politique qui n'a plus nulle part où aller.

Pendant ce temps, la facture est acquittée là où elle l'est toujours. Le Brent a touché mardi quatre-vingt-dix-neuf dollars et des poussières, et les titres sur le baril à cent dollars ont suivi, avec le problème politique que cela implique à l'approche de novembre. Erika Solomon rapporte que Téhéran durcit sa ligne précisément parce que son économie est sous contrainte et que sa mainmise sur le détroit lui échappe — ce qui constitue l'angle mort de l'argument de la pression, puisqu'il revient à admettre que l'étranglement produit l'escalade qu'il était censé dissuader.

L'addition stratégique est plus lourde et plus lente à se présenter. Lorsque Marc Lynch écrit que nous assistons à la fin du Moyen-Orient américain, ce n'est pas une formule de style : les bases censées protéger le Golfe sont devenues la raison pour laquelle il a été frappé, et les capitales de la région en ont pris acte. Ce qui manque à l'ensemble de l'entreprise, c'est la phrase qui dirait comment elle s'achève. Aucune négociation n'est ouverte, aucune condition n'a été rendue publique, et l'administration n'a jamais décrit ce à quoi ressemblerait une sortie — seulement la reconduction du même dispositif, à cent dollars le baril.