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L'AfD remporte la Saxe-Anhalt mais échoue à trois sièges près

Diviser par deux son propre score est un verdict sur soi, pas sur l'adversaire

La CDU est tombée à 17,2 % dans un Land qu'elle gouvernait depuis 2002. Les 43,8 % de l'AfD ont la taille exacte du trou creusé par l'Union, et la sortie passe par la réforme, pas par une coalition.

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La façade baroque du parlement de Saxe-Anhalt, sur la Domplatz de Magdebourg, son toit rouge surmonté de trois sphères dorées, vue par-dessus une rangée d'arbres.
Photo : W. Bulach · CC BY-SA · source

Commençons par le chiffre véritablement inhabituel, car ce n'est pas celui de l'AfD. Un parti de gouvernement a vu son score divisé à peu près par deux d'un scrutin à l'autre, dans un Land qu'il dirigeait depuis 2002 : 17,2 % et quinze sièges. Comme l'écrit Hugo Müller-Vogg dans Cicero, cela « kommt so gut wie nie vor » — cela n'arrive pour ainsi dire jamais. Les 43,8 % de l'AfD et ses trente-neuf sièges sur quatre-vingt-trois épousent la forme du vide qui s'est ouvert. Toute la question est de savoir qui l'a ouvert.

La réponse rassurante consiste à rappeler que la Saxe-Anhalt est petite, pauvre et à l'Est, et qu'elle n'est donc pas la République. Deux millions d'habitants, un chômage à 8,2 % contre 6,5 % au niveau national, des défaillances d'entreprises en hausse de 23,9 % sur un an contre 10,3 %. Tout cela est exact ; rien de tout cela ne constitue une défense. La déception à l'égard des vieux partis de gouvernement n'est pas une spécialité de l'Est, et une formation qui se console avec la démographie a déjà renoncé à lire ses propres résultats.

Un parti qui divise par deux son propre score n'a pas manqué de chance. On lui a répondu, et c'est de lui que parlait la réponse.

D'où la nécessité de résister, pour des raisons plus solides que le sentiment, à la pression en faveur d'un assouplissement du pare-feu, la fameuse Brandmauer. Mikuláš Dzurinda, qui a gouverné la Slovaquie en coalition avec le successeur direct du parti communiste, énonce les deux conditions auxquelles un parti démocrate-chrétien peut sans risque entrer dans une telle alliance : que le partenaire radical accepte de corriger ses positions, et que les démocrates-chrétiens soient nettement les plus forts. Il pesait 26 %, son partenaire 15 %, et un accord écrit conclu avant le scrutin les liait sur l'adhésion à l'UE et à l'OTAN. Ici, le rapport s'inverse — 17,2 contre 43,8 — et il n'existe d'accord sur rien. « Weder Friedrich Merz noch die CDU dürfen kapitulieren », écrit-il : ni Friedrich Merz ni la CDU ne doivent capituler.

Il y a enfin le sort réservé au partenaire minoritaire. Le SDĽ de Dzurinda a ensuite échoué à retrouver le Parlement ; l'ÖVP de Wolfgang Schüssel a survécu à sa coalition avec le FPÖ de Haider, mais le FPÖ n'y a pas survécu tel qu'il y était entré. Dans les deux cas, ce sont les réformateurs qui donnaient la direction. Rien, dans l'arithmétique de Magdebourg, n'offre cela à la CDU. Reste le travail ingrat : baisser l'impôt sur le revenu et sur les bénéfices, couper la dépense là où elle est improductive, financer une dissuasion crédible face à la Russie, afficher un engagement européen sans ambiguïté. C'est le terrain sur lequel l'Union gagnait autrefois, et aucun raccourci n'y ramène en passant par le parti qui lui a pris ses électeurs.