DireDire.com
Celui qui porte la nouvelle

L'IA pour le bien commun

La puissance de l'IA, mise à profit pour vous donner plusieurs regards sur un même sujet.

N'hésitez pas à lire ceux qui ne sont pas déjà les vôtres.

Mieux comprendre le monde.

GéopolitiqueDroite alternative

La Russie et l'Ukraine ne s'accordent toujours pas sur l'enjeu de la guerre

Tout commence à Bucarest, pas à Kiev

Douze ans, trois cadres occidentaux, et à chaque cadre effondré la guerre est montée d'un cran. Le récit qui démarre en février 2022 est celui qui a le moins à expliquer.

DireDire|
La place de l'Indépendance, au centre de Kyiv, au crépuscule, vue d'en haut : la colonne du monument de l'Indépendance au milieu, la circulation sur le Khrechtchatyk, et la ville jusqu'à l'horizon
Photo : Juan Antonio Segal · CC BY-SA · source

Tout commence à Bucarest, en 2008 : l'OTAN annonce que l'Ukraine et la Géorgie seront membres, puis se garde bien de dire quand — et de les défendre en attendant. C'est le pire des deux choix disponibles, et il a été retenu parce que c'était le seul dont personne, dans la salle, n'avait à payer le prix. Tout ce qui a suivi, c'est la facture.

S'ensuit une séquence de douze ans où la gestion occidentale du dossier a produit très exactement les escalades qu'elle prétendait prévenir. The American Conservative le pose sans détour : « La tentative grossière de relire les accords de Minsk de 2014-2015 en faveur de l'Ukraine a provoqué l'invasion russe à grande échelle de février 2022. L'abandon de l'accord-cadre d'Istanbul, au printemps de la même année, a débouché sur une catastrophe épique pour les Ukrainiens. » Deux accords-cadres, l'un et l'autre jetés par le camp qui se dit celui de la paix, et chaque abandon suivi d'une guerre pire que la précédente.

Des prévisions qui ne se trompent jamais que dans un seul sens ne sont pas des prévisions. C'est une opération d'influence.

The American Conservative écrit que la campagne du « vent qui tourne » repose sur « une constellation d'hypothèses douteuses sur l'état de la guerre, sur la société et l'économie russes, et sur la capacité de l'Occident à contenir le conflit sans qu'il bascule dans l'apocalypse nucléaire ». Voilà nommé ce à quoi l'on s'oppose ici : moins la guerre elle-même que la façon dont on en rend compte à Washington. La percée ukrainienne imminente est imminente depuis quatre ans. La mutinerie de Prigojine était le début de la fin ; l'incursion de Koursk aussi ; la crise du carburant l'est aujourd'hui.

Le plus gênant est d'ordre intérieur. Une administration élue pour en finir n'en a pas fini, et l'argent n'a pas cessé de couler non plus : l'aide se poursuit sous d'autres intitulés pendant qu'on la dément en public. Le vrai acquis est plus étroit, et il mérite d'être défendu honnêtement : la charge commence à se déplacer, les Européens payant des équipements que le contribuable américain achetait à leur place. Ce n'est ni une victoire ni une paix. C'est le commencement de la seule chose qui ait jamais été sur la table : une Europe qui paie ses propres décisions.