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Le Royaume-Uni se demande qui sont les vrais rentiers

Un pays d'assistés ne se guérira pas à coups d'impôts

Le capitalisme britannique est bel et bien devenu rentier, et ce sont les jeunes qui en paient le prix. Un impôt sur la fortune ne déplacerait l'argent qu'une fois. Changer qui possède le pays changerait le pays.

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Une rangée de maisons mitoyennes victoriennes en brique rouge, à pignons blancs et fenêtres en baie, vues depuis le trottoir, le mur pignon du bout de la rangée à nu.
Photo : OathOn · CC BY-SA · source

Commençons par concéder ce qui est vrai, car prétendre l'inverse a coûté une décennie à la droite. Sebastian Milbank écrit dans The Critic que « le capitalisme britannique contemporain est largement rentier : il encaisse de juteux contrats publics et cherche à monopoliser les revenus passifs tirés de la terre, de la pierre et de la dette » — une ligne qui court des partenariats public-privé des années Blair à l'externalisation des services publics, puis aux compagnies privatisées de l'eau et du rail. Le logement, dit le même texte, est « la bifurcation la plus brutale entre les classes et entre les générations » : les propriétaires réalisent des plus-values considérables, puis encaissent une seconde fois en gageant leur bien pour en acheter un autre, à crédit locatif, que les jeunes n'ont plus d'autre choix que de leur louer.

Le grand livre qui se tient dessous, personne ne le lit à voix haute. Plus de la moitié des ménages britanniques reçoivent aujourd'hui de l'État davantage qu'ils ne lui versent. La charge la plus lourde, et de loin, est celle du grand âge, avec « en moyenne 6 000 livres de plus par an dépensées pour un retraité que pour un enfant ». Les jeunes portent la dette étudiante, une pression fiscale réelle plus forte et des perspectives moindres que celles de leurs parents — et on leur explique que cela s'appelle la solidarité entre les générations. Il n'y a pas de solidarité à sens unique.

On a persuadé les Britanniques qu'une maison est une retraite et qu'une retraite est un droit. Ces deux croyances forment aujourd'hui une créance sur un jeune actif qui ne possède ni l'une ni l'autre.

L'arithmétique est pire que la rhétorique. D'ici 2050, avec le triple lock, ce mécanisme qui garantit la revalorisation automatique des pensions, la dépense de retraite publique augmente de 25 %, la prise en charge de la dépendance de 54 %, les prestations aux retraités de 71 % — 150 milliards de livres par an une fois la santé comptée, soit 5,9 % de la richesse produite cette année-là. À ceux qui objectent que les retraités ne retirent que ce qu'ils ont cotisé, Charles Amos répond que « le baby-boomer moyen a retiré 1,20 livre de l'État-providence pour chaque livre qu'il y a versée ». L'indice de fécondité britannique est de 1,41 ; le seuil de renouvellement n'a plus été atteint depuis 1972. Un retraité pour quatre actifs dans les années 1970, un pour trois aujourd'hui, près d'un pour deux en 2050.

Le remède n'est donc pas la ponction fiscale, qui « ne ferait que redistribuer à l'État une bouffée d'argent à court terme et provoquerait l'exil massif des plus fortunés » en laissant intacts les bas salaires et l'absence de patrimoine. Il est de changer la propriété elle-même. « L'argent étranger et le flot de main-d'œuvre étrangère devront être tenus à l'écart du marché immobilier britannique. Il faut construire, et réserver ce qui est construit à ceux qui contribuent. » Et refonder la protection sociale sur le principe assurantiel, « pour que celui qui donne davantage reçoive davantage ». C'est un programme plus dur qu'un impôt : voilà pourquoi personne ne l'a tenté.