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MarchésDroite alternative

La part du dollar dans les réserves recule, les banques centrales achètent de l'or

Un fardeau exorbitant, et la facture se règle en usines

La demande mondiale de dollars pousse la monnaie américaine vers le haut, sans égard pour ce dont les producteurs américains auraient besoin. Ce n'est pas un privilège consenti aux États-Unis. C'est un prélèvement levé sur la part du pays qui fabrique encore quelque chose.

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Deux lingots d'or affiné éclairés dans une vitrine sombre, le plus grand portant la marque de son affineur suisse, un numéro de série et un titre de 999,9.
Photo : Ibex73 · CC BY · source

Le rôle de réserve n'est pas un cadeau. La demande étrangère d'actif sûr est une demande de dollars, et la demande de dollars tire le taux de change vers le haut, sans rapport aucun avec le niveau dont les producteurs américains auraient besoin. American Compass expose le mécanisme sans détour : si le système monétaire international actuel a soutenu la consommation américaine, il a abîmé la production des États-Unis, et l'ouverture des marchés de capitaux comme le flottement libre du dollar ont accéléré la désindustrialisation. La consommation est bien réelle. La facture aussi.

Sur la manière même de nommer la chose, Oren Cass a dit où il se tenait. « Je suis très sensible à l'idée qu'il s'agit d'un fardeau exorbitant plutôt que d'un privilège exorbitant », a-t-il déclaré aux lecteurs mêmes d'American Compass, ajoutant que le statut de réserve « n'a pas montré de corrélation avec ce qui est bon pour la plupart des communautés américaines et pour les travailleurs américains ordinaires ». Tout le désaccord avec le discours dominant tient dans cette phrase : la question n'est pas de savoir si le dollar est fort, mais de savoir qui paie pour qu'il le soit.

Emprunter à bon compte n'est un privilège que pour qui voulait de la dette. Offert à un pays qui voulait des usines, c'est une charge.

Stephen Miran, qui préside aujourd'hui le comité des conseillers économiques de la Maison-Blanche, avait rédigé le diagnostic avant d'occuper le poste : une surévaluation durable du dollar entretenue par une demande inélastique d'actifs de réserve, dont l'industrie et les secteurs exposés à la concurrence internationale supportent l'essentiel du coût. Il faut être exact sur ce que ce camp lui emprunte et sur ce qu'il laisse de côté. Le diagnostic est partagé. Le remède, non — la presse de ce camp a rejeté l'accord de Mar-a-Lago tout en conservant mot pour mot l'analyse qui y conduisait.

C'est pourquoi les droits de douane seuls ne pouvaient pas suffire, et le bilan depuis 2018 le montre : les droits sur la Chine ont monté, et le déficit a monté quand même, parce que le canal du change est resté grand ouvert et qu'un dollar surévalué défait au taux de change ce que le droit de douane fait à la frontière. Ce courant sait aussi faire le ménage chez lui : la version forte de la thèse du pétrodollar — contestée depuis l'intérieur plutôt que du dehors — ne résiste pas à l'épreuve de son propre bilan. L'argument du fardeau n'en a nul besoin.