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L'AfD remporte la Saxe-Anhalt mais échoue à trois sièges près

Le chancelier a répondu à une élection libre par une menace

Avant qu'il y ait un gouvernement, avant même qu'il y ait des discussions, Berlin parlait déjà de contrainte fédérale et d'interdiction d'un parti. On explique aux électeurs de Saxe-Anhalt ce que leur bulletin a le droit de signifier.

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La façade baroque du parlement de Saxe-Anhalt, sur la Domplatz de Magdebourg, son toit rouge surmonté de trois sphères dorées, vue par-dessus une rangée d'arbres.
Photo : W. Bulach · CC BY-SA · source

Il n'y a, à ce jour, aucun gouvernement à Magdebourg. Il n'y a même pas de discussions. Ce qu'il y a, un jour après le dépouillement, c'est un chancelier qui parle de correction. Évoquant la Saxe-Anhalt et la politique migratoire, Friedrich Merz a déclaré que si des lignes étaient franchies, le gouvernement fédéral ferait tout pour y remédier, et il a ajouté : « Das Grundgesetz gilt auch für Sachsen-Anhalt. » La Loi fondamentale vaut aussi pour la Saxe-Anhalt. Elle vaut aussi pour les chanceliers, et son article 20 dispose que tout pouvoir d'État émane du peuple, qui l'exerce par les élections.

Ce que relève Klaus-Rüdiger Mai dans Tichys Einblick, ce n'est pas que Merz ait enfreint une règle, mais qu'il ait révélé l'idée qu'il se fait de la règle. La Loi fondamentale est une protection des citoyens contre un État qui outrepasse ses bornes ; dans cette lecture, elle est devenue un règlement d'application au service de l'État contre les citoyens. Le précédent qu'il convoque est la Thuringe de février 2020, quand Angela Merkel annonçait depuis Pretoria que l'élection d'un ministre-président qui lui déplaisait « unverzeihlich ist und deshalb auch das Ergebnis wieder rückgängig gemacht werden muss » — et il le fut dûment.

Un résultat électoral que les perdants sont en droit de corriger n'est pas un résultat. C'est une consultation.

L'interdiction a suivi dans les vingt-quatre heures. Hendrik Wüst, ministre-président de Rhénanie-du-Nord-Westphalie et premier responsable CDU à le dire tout haut, veut un groupe de travail chargé d'établir si une requête devant la Cour constitutionnelle fédérale aurait des chances d'aboutir. Si l'examen conclut que le parti peut être interdit, a-t-il déclaré en entretien, c'est pour lui un « Handlungsbefehl, diese Verfassung zu schützen » — un ordre d'agir, de protéger la Constitution. Une élection régionale l'attend chez lui en avril 2027, et on voit en lui un successeur de Merz. Ces deux faits ont leur place dans le jugement du lecteur.

Rien de tout cela n'oblige à l'indulgence envers le camp vainqueur. Avant le scrutin, Ulrich Siegmund affirmait qu'il ne gouvernerait qu'avec une majorité absolue ; faute de trois sièges, le parti a tendu la main à tous les groupes du Landtag. Junge Freiheit a posé la question à ses propres lecteurs : Wählertäuschung oder Scheinangebot — tromperie des électeurs, ou offre de façade. Et à Magdebourg, le chrétien-démocrate Sven Schulze s'est fait élire président du groupe parlementaire de son parti tout en restant ministre-président, réunissant l'exécutif et le législatif en un seul homme, ce qui est une curieuse manière de défendre l'ordre constitutionnel contre quelqu'un d'autre.