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MarchésChinois

La part du dollar dans les réserves recule, les banques centrales achètent de l'or

L'efficacité, pas l'idéologie, et pas un système rival

Pékin répète qu'il ne construit pas d'alternative au dollar, et ses propres économistes expliquent longuement pourquoi il n'aurait aucun intérêt à le vouloir. Ce qu'il construit, c'est un moyen de s'épargner une conversion.

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Deux lingots d'or affiné éclairés dans une vitrine sombre, le plus grand portant la marque de son affineur suisse, un numéro de série et un titre de 999,9.
Photo : Ibex73 · CC BY · source

Commençons par l'objet décrit, car la description s'en est beaucoup éloignée. Lorsqu'un pays commerce avec la Chine, les deux parties convertissent le plus souvent en dollars puis reconvertissent, ce qui ajoute un coût, un délai et un risque de change à une opération où ne figure aucun acteur américain. Régler en monnaie locale supprime un intermédiaire. Comme l'a formulé le Global Times, l'effort pour diversifier les systèmes de paiement mondiaux et promouvoir l'usage des monnaies locales « ne relève pas de la confrontation ; c'est une réponse à des réalités économiques » — « la motivation, c'est l'efficacité, pas l'idéologie ».

La position officielle sur la question de fond n'a rien d'ambigu, et elle n'a pas bougé. « Nous ne voulons pas remplacer le système du dollar américain, et nous ne cherchons pas non plus à mettre sur pied un système séparé » : c'est ainsi que la chose était formulée en mai dernier, et les travaux sur CIPS sont présentés comme la consolidation de maillons faibles et le renforcement du dispositif existant. Voilà un curieux prétendant, qui ne cesse d'expliquer qu'il n'en est pas un.

L'écart n'est pas entre la Chine et le dollar. Il est entre le poids de l'économie chinoise et la place de sa monnaie, et il est immense.

Les chiffres donnent à cet écart sa consistance. Les États-Unis représentent environ 24,5 % du PIB mondial et quelque 9 % des exportations mondiales de marchandises, alors que le dollar compte pour environ 58 % des réserves ; la Chine pèse 16,6 % du PIB et 14,4 % des exportations, quand le renminbi en représente 2,4 %. Zhu Min, ancien directeur général adjoint du FMI, voit dans ce décalage le moteur premier de l'internationalisation : une monnaie qui rattrape l'économie qui la porte, non une manœuvre pour en déloger une autre. Ce qui s'est érodé, à suivre cette lecture, n'a jamais été la préférence mais la confiance : les États détiennent des dollars parce que le dollar fournit une liquidité stable en temps de crise, et de voir les outils financiers transformés en moyens de pression a gravement entamé cette confiance.

Le chantier est sans éclat et il avance. Des États africains et des banques de développement émettent des obligations panda libellées en renminbi, passant du règlement au financement ; la compensation en yuan a été étendue à First Abu Dhabi Bank, les paiements transfrontaliers en renminbi entre la Chine et les Émirats progressant d'environ 20 % sur un an. Et l'ambition a un plafond que les économistes chinois se fixent eux-mêmes : chercher l'hégémonie monétaire mènerait la Chine droit au problème américain, en faisant monter sa propre monnaie et en évinçant ses exportateurs par les prix. L'internationalisation partielle est le terme du chemin, non une étape vers autre chose.