DireDire.com
Celui qui porte la nouvelle

L'IA pour le bien commun

La puissance de l'IA, mise à profit pour vous donner plusieurs regards sur un même sujet.

N'hésitez pas à lire ceux qui ne sont pas déjà les vôtres.

Mieux comprendre le monde.

MarchésGauche alternative

La part du dollar dans les réserves recule, les banques centrales achètent de l'or

Le dollar ne se choisit pas, il s'impose

Une monnaie de réserve dont l'émetteur gèle les réserves n'est pas un bien public, et les détenteurs répondent depuis dans le seul actif que personne ne peut débrancher.

DireDire|
Deux lingots d'or affiné éclairés dans une vitrine sombre, le plus grand portant la marque de son affineur suisse, un numéro de série et un titre de 999,9.
Photo : Ibex73 · CC BY · source

Le rôle du dollar a toujours été vendu comme un service rendu au monde : des marchés profonds, une unité de compte neutre, un actif sûr accessible à tous aux mêmes conditions. Transformer les circuits de paiement en arme, sanctionner à grande échelle, geler les réserves d'une banque centrale étrangère : la question de savoir si cette neutralité avait jamais existé est tranchée. C'était une prétention ; elle a été mise à l'épreuve ; elle n'a pas tenu, et devant témoins. Ce qui a suivi n'a rien d'une ruée : c'est le comportement lent et raisonnable d'institutions qui venaient de voir souder l'issue de secours.

Regardez où s'exerce la pression plutôt que les agrégats. Washington presse ses alliés d'absorber de la dette longue du Trésor au titre de leur protection militaire : une courbe de demande fabriquée, et non constatée. La contrainte financière unilatérale, appliquée hors de tout cadre multilatéral, est précisément ce qui pousse des blocs entiers à bâtir à côté des institutions juridiques et monétaires occidentales plutôt qu'en leur sein. Et le bras long du dollar, prolongé par les gérants d'actifs et les multinationales américaines, transforme une décision de taux intérieure en instrument de discipline sur des pays qui n'ont jamais eu voix au chapitre.

Une monnaie qu'on peut vous empêcher de dépenser n'est pas un actif. C'est une autorisation, et les autorisations se révisent.

Le Venezuela, lui, vient avec ses chiffres. Plus de 13 milliards de dollars de pétrole ont été vendus sous administration américaine depuis le 3 janvier 2026, et quelque 300 millions ont été reversés au gouvernement du pays qui possède ce pétrole. Des responsables américains gardent la main sur les fonds iraniens au nom du même principe. Rien de tout cela n'est caché, ni même vraiment démenti : cela n'entre simplement pas dans l'explication lorsqu'on discute de la part du dollar dans les réserves comme d'un simple choix de portefeuille.

Le fond de l'affaire est plus ancien que les sanctions. La fermeture du guichet de l'or, en 1971, a supprimé l'obligation de régler ses comptes et l'a remplacée par un étalon bons du Trésor, où le déficit des paiements n'est plus une faiblesse à corriger mais le mécanisme lui-même : les banques centrales étrangères recyclent leurs excédents dans la dette de l'État contre les forces duquel elles cherchent à se prémunir. Le déficit des années 1960 était, pour le dollar, intégralement militaire. Depuis, les créanciers financent l'appareil qui les endigue, et le passage à l'or est la première fois en cinquante ans qu'un nombre significatif d'entre eux s'y refuse.