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Le Royaume-Uni se demande qui sont les vrais rentiers

Le rentier, c'est le bailleur, pas votre grand-mère

Le Royaume-Uni compte plus de logements que de ménages et, selon certains décomptes, près d'un million de logements vacants. Accuser une génération, c'est ce qui permet au bailleur de rester hors du cadre.

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Une rangée de maisons mitoyennes victoriennes en brique rouge, à pignons blancs et fenêtres en baie, vues depuis le trottoir, le mur pignon du bout de la rangée à nu.
Photo : OathOn · CC BY-SA · source

Tribune ouvre sa démonstration sur le fait qui trahit tout le reste : nous vivons une époque où les bailleurs ont été requalifiés en travailleurs. La thèse de Nick Bano, dans Against Landlords, est que la crise britannique du logement « tient moins à l'offre qu'à un secteur locatif privé hypertrophié — avec une classe petite-bourgeoise de bailleurs idéalement placée pour tirer profit du coût élevé du logement, aux dépens d'une masse croissante de locataires paupérisés ». Pas une génération. Une position dans un marché, occupée par qui l'occupe.

Le parc de logements lui donne raison. Le locatif privé a explosé depuis la fin des années 1970, pendant que le pays se retrouvait avec plus de logements que de ménages, plus de pièces par habitant que la plupart de ses voisins européens et des centaines de milliers de logements vides — près d'un million selon certains décomptes, soit environ un sur vingt-cinq. Une pénurie qui coexiste avec un million de maisons vides n'est pas une pénurie de maisons. C'est une pénurie de maisons que l'on puisse payer : un autre problème, avec d'autres propriétaires.

Dressez les jeunes contre les vieux : au bout du compte, les uns comme les autres verseront leur loyer aux mêmes.

Ce qui pousse les prix, c'est le traitement du logement comme actif financier. Investisseurs, bailleurs et acquéreurs achètent des logements comme placement et en font monter le prix à force d'enchères ; comme la masse de crédit disponible pour acheter du logement est élastique, le mécanisme s'alimente lui-même. Tribune retourne l'argument contre Bano lui-même, dont l'intervention maintient la finance internationale hors de l'acte d'accusation. La recension a le dessus : la financiarisation n'est pas une importation étrangère, c'est ce qu'est devenu le marché hypothécaire national une fois le crédit dérégulé et l'État sorti de la construction.

Et ce que les jeunes ont perdu, ils l'ont perdu en salaire avant de l'avoir perdu en héritage. En 2023, la stagnation des rémunérations depuis la crise laissait les salariés en moyenne 11 000 livres par an en dessous de la trajectoire d'avant-crise, et 4 000 livres derrière leurs homologues allemands ; en 2022, 56 % des salariés gagnant moins que le minimum vital déclaraient recourir à l'aide alimentaire. Aucune grand-mère n'a fait cela. Ce sont les employeurs, une décennie d'austérité et un marché du logement auquel personne n'a voulu toucher.