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L'Islande vote contre la réouverture des négociations d'adhésion à l'UE

Une réponse sans appel, à une participation que la plupart des démocraties ne connaissent plus

L'Islande était appelée à dire si elle rouvrait les négociations d'adhésion. Elle a répondu non, par 12 701 voix d'écart, avec 82,52 % de participation. Un tel chiffre n'a rien de provisoire.

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Le bâtiment du parlement islandais, l'Alþingi, dans le centre de Reykjavík, vu depuis la place qui le précède par une matinée claire.
Photo : Ziko van Dijk · CC BY-SA · source

La question inscrite sur le bulletin du 29 août tenait en une phrase : l'Islande doit-elle rouvrir les négociations d'adhésion à l'Union européenne ? Cent dix-huit mille quarante électeurs ont répondu non. Cent cinq mille trois cent trente-neuf ont répondu oui. L'écart est de 12 701 voix, le non l'emporte avec 52,84 %, et 82,52 % du corps électoral s'est déplacé pour le dire — une participation que la plupart des démocraties européennes n'atteignent plus lors d'élections législatives, et moins encore pour une question unique portant sur des traités.

Ce que l'on défendait n'a rien de mystérieux et n'a jamais été caché : les zones de pêche et les exploitations agricoles, c'est-à-dire le droit de décider, à Reykjavík, qui prélève quoi dans les eaux islandaises et à quelles conditions. Un pays de cette taille qui confie ces arbitrages à une politique commune administrée ailleurs se dessaisit de la part de son économie qu'il maîtrise réellement. La campagne du oui n'a jamais produit de garantie écrite sur ce point, faute d'en avoir une à produire.

Un scrutin consultatif tranché par quatre électeurs sur cinq n'est pas une humeur passagère qu'il suffirait d'attendre. C'est le corps électoral qui fait la seule chose qu'on lui demande de faire, de loin en loin.

La contrepartie, du reste, était mince. L'Islande est déjà dans le marché intérieur, par l'Espace économique européen, et déjà dans Schengen. L'accès au marché au nom duquel se vend l'adhésion, le pays en dispose depuis trente ans. Ce que l'adhésion aurait ajouté, ce sont les régimes communs de la pêche et de l'agriculture, un siège à une table où une nation de 400 000 habitants est mise en minorité par simple arithmétique, et la perte de la politique commerciale qu'elle mène aujourd'hui pour son propre compte.

Le résultat est donc un revers pour Bruxelles plutôt qu'une hésitation à Reykjavík. Une démocratie européenne prospère et stable, déjà intégrée pour moitié par traité, a regardé la moitié restante et l'a déclinée, au grand jour, avec une participation que nul ne peut balayer d'un revers de main. Y lire un défaut de communication à corriger la prochaine fois, c'est répéter l'erreur de lecture de la campagne. La réponse a été donnée ; le respect qu'on lui doit consiste à la croire.