L'Islande vote contre la réouverture des négociations d'adhésion à l'UE
Le pays a répondu, le gouvernement s'y tiendra
La coalition a posé une question que rien ne l'obligeait à poser, et reçu la réponse qu'elle ne souhaitait pas. L'accepter pleinement, et sans délai, c'est tout le sens de la démarche.
Deux cent vingt-cinq mille bulletins ont été déposés dans les urnes le 29 août, soit 82,52 % du corps électoral, et 52,84 % d'entre eux ont dit non à la reprise des négociations d'adhésion. La position du gouvernement, arrêtée avant le dépouillement et inchangée depuis, est que la question est tranchée pour le reste de la législature, qui court jusqu'en 2028. Le dossier quitte l'ordre du jour. Aucune interprétation de repli n'est à l'étude.
Ce n'est pas de la résignation, et il n'est pas anodin de le dire aussi nettement. Un gouvernement qui soumet une question au pays puis traite la réponse comme une position de départ n'a pas organisé un référendum : il a mené une consultation à laquelle il a donné un nom plus flatteur. La valeur d'un référendum tient tout entière au fait d'être lié par son résultat, et ce lien doit être visible le jour où la réponse dérange, non le jour où elle arrange.
La participation est la part de ce résultat dont chacun peut se féliciter. Quatre électeurs sur cinq se sont déplacés pour une question qui ne modifiait ni les impôts ni les loyers de personne.
Il faut dire clairement que le pays n'est pas d'un seul avis. Les deux circonscriptions de Reykjavík ont voté pour la reprise des discussions, à 57,5 % et 54,5 % ; toutes les autres ont voté en sens inverse, trois d'entre elles au-delà de soixante pour cent. Un écart national de cinq points qui recouvre une telle fracture décrit un désaccord réel, et non un tempérament national arrêté ; le devoir d'un parti de gouvernement, au lendemain d'un scrutin serré, est de faire baisser la température plutôt que de chercher la revanche.
Les inquiétudes qui ont porté le non méritent mieux que d'être classées au rayon des humeurs. La pêche et l'agriculture font vivre une large part du pays hors de la capitale, et la crainte de voir demain les quotas et les droits d'accès fixés ailleurs était une crainte raisonnable, à laquelle la campagne du oui n'a jamais entièrement répondu. L'Espace économique européen demeure, le marché intérieur demeure, et la relation qu'il organise est celle que l'Islande a choisi de conserver.
Deux cent vingt-cinq mille bulletins ont été déposés dans les urnes le 29 août, soit 82,52 % des inscrits, et 52,84 % d'entre eux ont refusé la reprise des négociations d'adhésion. La position du gouvernement, arrêtée avant le dépouillement et maintenue depuis, est que la question est tranchée pour le reste de la législature, qui court jusqu'en 2028. Le dossier de l'adhésion quitte l'ordre du jour. Aucune interprétation de repli n'est en préparation, et il ne doit pas y en avoir.
Ce n'est pas de la résignation, et ce n'est pas une petite chose que de le dire sans détour. Un gouvernement qui soumet une question au pays puis traite la réponse comme une position de départ n'a pas organisé un référendum : il a mené une consultation, qu'il a parée d'un nom plus flatteur. Toute la valeur d'une question posée au pays tient à ce que l'on s'estime lié par la réponse, et ce lien doit être visible le jour où elle dérange, non le jour où elle arrange. Tous les référendums à venir dans l'histoire du pays vaudront un peu moins si celui-ci est tenu pour provisoire.
La tentation de le tenir pour provisoire est réelle et mérite d'être nommée. La question était consultative dans sa forme. L'écart est de cinq points. La démographie et la capitale penchent dans l'autre sens, et un parti patient pourrait raisonnablement calculer que le temps travaille pour lui. Tout cela est exact, et rien de tout cela n'autorise une revanche à l'intérieur de la législature. Un gouvernement qui se réserve le droit de reposer la question jusqu'à ce qu'il l'emporte a transformé le référendum en guerre d'usure, et l'électorat ne s'y trompe pas : il le sanctionne.
La participation est la part de ce résultat dont tout le monde peut se féliciter. Quatre électeurs sur cinq se sont déplacés pour une question qui ne modifiait ni les impôts ni les loyers de quiconque.
Il faut dire clairement que le pays n'est pas d'un seul avis. Les deux circonscriptions de Reykjavík ont voté pour la reprise des discussions, à 57,5 % et 54,5 % ; toutes les autres ont voté en sens inverse, trois d'entre elles à plus de 60 %. Un écart national de cinq points recouvrant une telle fracture décrit un désaccord réel, non l'expression d'un tempérament apaisé, et le devoir d'un parti de gouvernement après un scrutin serré est de faire baisser la température plutôt que de chercher la revanche. La géographie du résultat est aussi un avertissement sur la manière dont la cause a été plaidée : un argument qui convainc la capitale et aucune ville côtière est un argument qui n'a pas été éprouvé.
Les inquiétudes qui ont porté le Non méritent mieux que d'être classées au registre du ressenti. La pêche et l'agriculture font vivre une large part du pays hors de la capitale, et la crainte que les quotas et les droits d'accès ne soient à l'avenir fixés ailleurs était une crainte raisonnable, à laquelle la campagne du Oui n'a jamais pleinement répondu. Y répondre aurait supposé de négocier une dérogation durable avant de poser la question plutôt qu'après, et la raison honnête pour laquelle cela n'a pas été fait est qu'aucune dérogation de ce type n'était sur la table. Une campagne incapable d'obtenir la garantie que ses adversaires réclament doit s'attendre à perdre les communes qui en ont besoin.
Ce qui se poursuit est considérable et mérite d'être rappelé, car la défaite a été rapportée comme une fin. L'Espace économique européen demeure. Le marché unique demeure. Schengen demeure. L'Islande reste, à tous égards, l'un des non-membres les plus intégrés que compte l'Union, et cette relation est celle que les Islandais ont choisi de conserver. La tâche est désormais de la faire vivre correctement, et non de la tenir pour une position d'attente jusqu'à ce que l'on puisse reposer la question à l'électorat.
À lire aussi
Le Royaume-Uni se demande qui sont les vrais rentiers