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L'avenir du dollar

Nous ne briguons pas la place. Nous refusons d'en être les otages.

Deux pour cent des réserves mondiales : l'étranger y lit un échec. C'est une décision, prise deux fois, et son raisonnement est publié.

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La devanture d'un bureau de change et de transfert d'argent sur Queen's Road Central, à Hong Kong, les symboles du dollar, du yen, de la livre, de l'euro et du won sur son enseigne.
Photo : Yagoonchk Toamei · CC BY-SA · source

Le renminbi pèse 1,99 % des réserves mondiales, et l'étranger rapporte ce chiffre comme le procès-verbal d'une ambition manquée. C'est une décision. La première condition du poste est un compte de capital ouvert ; or 1997, puis 2008, ont fixé ici une conviction que rien depuis n'a démentie : c'est le contrôle du compte de capital qui a porté le pays à travers l'une et l'autre secousse. Ce n'est donc pas un seuil que nous n'aurions pas encore franchi. C'est une facture que nous avons lue et que nous ne réglons pas.

La seconde condition est plus lourde, et c'est celle que personne ne formule à voix haute à Washington. Zhang Chun, de l'Institut supérieur de finance de Shanghai, la pose en économiste et non en patriote : l'hégémonie monétaire bute sur la difficulté américaine elle-même, puisque la monnaie devient massivement surévaluée, que le monde entier l'achète, et que les exportateurs du pays émetteur peuvent y perdre toute compétitivité. Pourquoi l'industrie américaine s'est-elle vidée ? demande-t-il. Parce que le dollar était trop fort.

Pourquoi réclamerions-nous qu'on nous inflige le mal que nous décrivons depuis vingt ans ?

Une mise au point est due aussi aux nôtres. La capacité de règlement n'est pas le statut de réserve. La compensation quotidienne par notre système de paiement transfrontalier est montée à 920,5 milliards de yuans en mars, lorsque le détroit était fermé, puis redescendue à 673,9 milliards en mai : c'est le contournement d'un obstacle, non un déplacement de fond. Les investisseurs étrangers détiennent environ mille milliards de dollars d'obligations et d'actions chinoises onshore, contre 19 840 milliards pour les seules actions américaines. À qui parle de succession, on demandera dans quel bassin il propose de loger les réserves du monde.

L'or n'est donc pas une candidature au trône. Il couvre la manière dont le dollar est administré, non son déclin, et la Pologne en a acheté cette année davantage que nous. Le renminbi montera de toute façon : Zhang l'attend d'ici cinq à dix ans parmi les trois premières monnaies pour les paiements comme pour les réserves, première monnaie du second rang, un cinquième peut-être de la part mondiale, le coût du rôle de réserve partagé avec le dollar plutôt que prélevé sur lui. Partager une charge n'est pas briguer une couronne.