La consommation électrique industrielle allemande est retombée à son creux de 2009. La différence tient à ce que 2009 était un choc de demande, résorbé en dix-huit mois. Le recul actuel se poursuit, lui, depuis quatre ans.
La chimie représente à elle seule la plus large part de la baisse. La chimie de base — chlore, ammoniac, vapocraquage — en est le segment le plus intensif en électricité, et le plus délocalisable. Une fois qu'un vapocraqueur est resté à l'arrêt pendant un cycle de maintenance complet, son redémarrage relève d'une décision d'investissement et non plus d'exploitation.
Les usines ne sont pas mises sous cocon à grand bruit. Elles tournent à régime réduit, puis en régime saisonnier, puis plus du tout, l'annonce venant dix-huit mois après la décision.
Une usine ne ferme pas le jour où on la ferme. Elle ferme le jour où le prochain cycle d'investissement est approuvé ailleurs.
Des capacités de remplacement se construisent, mais dans le Golfe et sur la côte américaine du golfe du Mexique, où la matière première et l'électricité sont bon marché et où les autorisations se comptent en trimestres plutôt qu'en mandats électoraux.
Les données de l'emploi accusent sur tout cela plusieurs années de retard, ce qui explique que le système politique ne l'ait pas encore assimilé.




