L'Ofgem a annoncé le 26 août que son plafond tarifaire augmenterait de 4 % au 1er octobre, passant de 1 663 à 1 723 livres par an pour un ménage à la consommation type de gaz et d'électricité. Soit 60 livres de plus, ou 5 livres par mois, pour quelque 22 millions de foyers restés au tarif par défaut. Énoncé comme une moyenne, le chiffre paraît soutenable, et il l'est pour la majeure partie du pays. Mais la moyenne est un instrument inadapté à une dépense qui pèse d'autant plus lourd que le revenu est faible, et le plafond n'est jamais cité autrement.
Le régulateur impute cette hausse aux cours internationaux du gaz, instables depuis l'ouverture de la guerre américaine contre l'Iran, le 28 février. Le Centre for Economics and Business Research chiffre le coût cumulé pour les ménages britanniques à 1 100 livres de revenu réel cette année et 1 300 livres l'an prochain, soit 70,4 milliards de livres au total d'ici à la fin de 2027. Liam Daly, économiste principal de l'institut, le formule sans détour : « Un conflit mené à des milliers de kilomètres continue de peser sur les ménages britanniques : l'érosion du revenu réel se ressent dans les courses de la semaine, à la pompe et sur la facture d'énergie. »
La hausse est la même — 60 livres — dans tous les foyers. Le revenu sur lequel elle pèse ne l'est pas.
Ce qu'un gouvernement décide ensuite relève du choix politique, et les choix déjà faits sont instructifs. La TVA sera retirée des factures d'électricité au 1er octobre : la hausse du plafond fait plus que l'annuler. Le warm home discount, aide forfaitaire aux ménages modestes, avait été fixé à 140 livres en 2011 ; il a progressé de 10 livres depuis. Quant aux prélèvements environnementaux, ils sont recouvrés sur la facture plutôt que par l'impôt, et les travaux disponibles indiquent que certains ménages à bas revenus y consacrent une part de leur revenu net trois fois supérieure à celle des ménages aisés.
À Tulsa, ce mois-ci, Raelynn McMurchy a ouvert une facture d'électricité de 1 373 dollars, dont 598 dollars de dépôt de garantie exigé après des retards de paiement. « Notre facture d'électricité dépasse littéralement notre loyer ce mois-ci », a-t-elle dit. Son fournisseur coupe le courant à un rythme plus de cinq fois supérieur à la moyenne nationale, selon le premier recensement des coupures établi par le ministère américain de l'Énergie, et l'Oklahoma autorise la coupure dès lors que l'indice de chaleur passe sous les 101 degrés Fahrenheit, soit 38 °C. Une distribution n'est pas une abstraction. C'est une file d'attente devant une salle paroissiale.
L'objection sérieuse tient en ceci qu'un État ne peut amortir un choc qu'il n'a pas provoqué et qu'il n'a pas les moyens d'interrompre, et que subventionner les factures soutient la demande pour l'énergie dont le prix fait précisément problème. L'argument vaut contre les remises universelles — raison pour laquelle la réponse ne doit pas en être une. Un tarif social ciblé sur les ménages sans marge de substitution — ceux qui ne peuvent ni isoler leur logement, ni changer d'offre, ni attendre le printemps — coûte moins cher et produit davantage d'effet, et il ne laisse jamais croire que le gaz est bon marché.
La France montre ce qu'un plancher fait et ne fait pas. L'Insee a indiqué le 9 juillet que le taux de pauvreté s'était maintenu à 15,4 % en 2024, son plus haut niveau depuis 1996, avec 9,8 millions de personnes vivant sous 1 337 euros par mois. Le niveau de vie a pourtant progressé sur toute la distribution cette année-là, et plus vite en bas : + 1,7 % pour le premier décile contre + 1,4 % pour le neuvième. L'indice de Gini a néanmoins augmenté, à 0,302. L'indexation protège le plancher ; elle n'empêche pas le plafond de monter.
Rien de tout cela n'exige une philosophie de l'histoire. L'endettement des ménages britanniques au titre de l'énergie a atteint un record de 6 milliards de livres à la fin juin, et devrait atteindre 7 milliards en décembre : une grandeur mesurable, produite par un écart mesurable entre ce que coûtent les factures et ce que valent les revenus. Des écarts de cette nature ont déjà été refermés, au moyen d'instruments sans éclat — une aide qui vaudrait ce qu'elle valait en 2011, des taxes environnementales basculées vers l'impôt, un fonds d'urgence qu'une collectivité locale puisse réellement mobiliser.




