Les projets de centres de données annoncés sur les quatre plus grands marchés américains impliquent une charge nouvelle qui se mesure en gigawatts, sur des calendriers qui se mesurent en trimestres. Les files de raccordement sur ces mêmes marchés se mesurent en années, avec un délai médian entre étude et mise sous tension qui s'allonge au lieu de se réduire.
L'écart se comble de trois façons : production derrière le compteur, rachat de sites disposant déjà de droits de raccordement, et paiement pour passer devant, via l'allocation des coûts de renforcement du réseau. Les trois coûtent cher. La troisième est politiquement radioactive, parce que la facture atterrit chez l'abonné.
On ne commande pas un transformateur avec une lettre d'intention.
La contrainte déterminante n'est pas la puce, et ne l'est plus depuis un moment. Ce sont les transformateurs haute tension, l'appareillage de coupure et les monteurs habilités à les mettre en service — dont aucun ne répond au capital sur un horizon de deux ans.
Il faut s'attendre à ce que les calendriers annoncés glissent discrètement et à ce que les dépenses d'investissement soient malgré tout publiées dans les temps, parce que l'un de ces chiffres est audité et l'autre est un communiqué de presse.




